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Mardi 11. J’ai passé toute la journée à causer avecle comte Erdôdy; et j’ai vu dans ces conversations,comment un homme loyal, opposé à la guerre, avaitenvisagé cet événement, avant même qu’une funeste ex-périence lui ait fourni des armes contre nous. — Lesoir mon courrier est revenu, et m’a apporté une lettrede Bubna (de Posoritz du 10) dans laquelle il m’apeint l’état des choses, quoique sous des couleurs tris-tes, cependant dans des termes moins désespérés queceux de la princesse de Schwarzenberg. C’est par cettemême lettre que j’ai appris l’arrivée de l’empereur enHongrie; c’est elle encore, qui m’a fait prendre la partiede retourner à Pest; ce que j’ai exécuté jeudi 13, desorte que le 15 je me trouvais de nouveau à Pest ouplutôt à Bude.
Dimanche 15. C’est aujourd’hui que nous avonsreçu la première nouvelle de l’armistice, et celle d’unchangement prochain dans le ministère. — Les détailsde ce jour et de ceux, qui l’ont suivi, se trouventconsignés dans une lettre, en forme de journal, quej’ai voulu envoyer au comte Kolowrat et que j’ai en-suite retenue. Cette lettre est dans les papiers decette époque.
J’ai eu aujourd’hui une conversation très-confiden-tielle avec Hudelist, qui envisage la séparation du comteStadion de l’empereur comme l’avant-coureur de sachute. Il en veut beaucoup au comte Metternich,dont en général il a une mauvaise idée. Il y a cer-tainement (comme le prouvent les extraits que j’ai faitsdes dépêches) dans la conduite du comte Metternich àParis des parties louches et scabreuses; mais dans lemoment actuel — pouvait-il se refuser à la direction