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de Knesebeck, il désire qu’il parle à celui-ci. Onn’a jamais rien entendu de plus absurde.
Fagel, homme très-sensé, est entré avec moi dansde longues conversations. Quant à l’état actuel deschoses, il en juge comme moi, déplorant l’aveuglementde son prince, et persuadé qu’il n’y a plus rien à gagnerpar la guerre. Il m’a dit sur cela une chose très-remarquable, c’est que Fritz Stadion (le seul hommede marque dont Bubna ne voulait pas garantir les inten-tions pacifiques) est aussi pénétré de la nécessité de lapaix. — Il m’a ensuite raconté toute l’histoire de cesfameuses promesses du prince d’Orange, qui ont amenéla triste mission de Steigentesch. Le 15 ou 16 de maile roi de Prusse lui a effectivement dit à Königsbergqu’il était déterminé à faire cause communeavec l’Autriche, et l’a chargé de l’annoncer à l’em-pereur et à l’archiduc Charles. Le même jour le princea écrit dans ce sens à M. Canning; et comme le roilui a dit d’instruire le comte Golz à Berlin de ses inten-tions, celui-ci a envoyé M. d’Ompteda à Londres pournégocier avec le cabinet anglais. Mais soit, que le roiétait ouvertement de mauvaise foi, lorsqu’il a dit toutesces choses, et qu’il a cru, que le dénouement prochaindes affaires de l’Autriche le dispenserait de tenir parole,soit que son extrême faiblesse l’ait fait changer d’avisimmédiatement après, soit enfin, que Golz ou quelqueautre personnage de cette espèce ait secrètement déjouéle projet — le fait est toujours qu’on a indignementtrompé le prince d’Orange, l’Autriche et l’Angleterre.Car à-peine la lettre du prince fut elle arrivé à Londres,que le ministère anglais a déjà vu par les instructionsde M. d’Ompteda, et par d’autres explications du mi-