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qu’il m’a dit sur l’état de nos affaires m’a glacé d’ef-froi, Il est décidément pour la paix, pour la paix mêmeà toute condition; et tel est, selon lui, l’avis de tousles généraux de marque, des deux Stutterheim, deRadetzky, de Kolowrat, de Bellegarde, des hom-mes les plus énergiques de l’armée, tels que Wart en s -leben, le jeune prince Reuss etc. Jean Liechten-stein le dissimule autant qu’il peut, mais Wallmodenest persuadé, qu’au fond de son cœur il en pense commeles autres.
A peine eut-il commencé son discours que Binderest arrivé. Celui-ci extrêmement prononcé pour laguerre, l’a entraîné dans une discussion, dans laquelleWallmoden s’est servi mot pour mot, des mêmes ar-guments, par lesquels j’ai depuis l’armistice soutenu lanécessité de la paix. La conformité remarquable denos apperçus et de nos sentiments m’a frappé d’unemanière inexprimable; je ne me rappelle pas un mo-ment de ma vie, où mon âme ait été remplie à la foisde tant de satisfaction, et de tant d’amertume. — Cetaccord parfait, mon amitié pour Wallmoden, ma con-viction intime de la justesse et de la clarté de sonjugement, l’évidence de son raisonnement — enfin, toutme gagnait d’une manière prodigieuse ; je crois, que si,par hazard, il avait eu tout-à-fait tort, il m’eut encorepersuadé par ses discours. Mais cet homme avait étélui-même un des plus prononcés pour cette guerre, undes principaux acteurs dans les démarches prépara-toires; cet homme s’est conduit à la bataille de Wa-gram avec la plus grande distinction; c’est lui qui apris aux Français les 11 pièces de canon qu’ils y ontperdus; c’est lui qui a fait, non seulement ce qu’on lui