175
soit en état de continuer la guerre avec succès, maisqu’en la prenant telle qu’elle est, in concreto , avec unsouverain tel que celui-ci, des rapports de pouvoir, detravail etc. tels que les nôtres, et l’opposition de tantde généraux, il protestait, comme moi, contre touteidée de guerre; il ne la ferait pas, si l’empereur lenommait ministre. — Je me suis contenté de cette ex-plication, quoique elle ne réponde pas à ma manièrede voir; car je persiste à croire, que les généraux ontraison, non-seulement in concreto , mais encore in ab-stracto, et que tout ce que l’on dit contre eux, soitpour détruire l’effet de leurs avis, soit par humeur etpar dépit, est d’une injustice complète et criante.
Après cela il m’a exposé ce qui se passe. Aussitôtque le prince Liechtenstein est arrivé à Vienne eta produit ses plein-pouvoirs, Bonaparte a déclaré, qu’ilne reconnaissait plus de congrès d’Altenbourg, qu’il re-gardait comme nul tout ce qui avait été fait, sans toute-fois se rétracter sur son Ultimatum. Par conséquentla négociation se trouve transportée entièrement àVienne et s’y traînera peut-être encore bien de se-maines. — Il est persuadé que l’empereur, du momentqu’il s’était décidé à traiter sur la base de l’Ultimatumfrançais aurait beaucoup mieux fait d’annoncer cetterésolution à son ministre à Altenbourg et d’y fairesuivre la négociation. 11 dit (et non pas sans quelqueraison) que, pour se soumettre aux conditions de Bo-naparte, on n’avait pas besoin d’envoyer une députationsolennelle à Vienne; que c’était une démarche ridiculeque d’employer pour cette mission le commandant-en-chef de l’armée; que c’était clairement avouer à Bona-parte, que le parti pacifique se trouvait dans l’armée,