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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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èUR I 1 TRAGEDIE. 287

SECONDE PARTIE.

De la tragédie française comparée à la tragédiegrecque.

Heureusement la bonne et vraie tragédieparut en France avant que nous eussions cesopéra, qui auraient pu létouffer. Un auteur,nommé Mairet, fut le premier qui -, en imitantla Sophonisbe du Trijjìno , introduisit la règledes trois unités que vous aviez prises des Grecs.Peu à peu notre scène sépura et se défit de lin.décence et de la barbarie qui déshonoraient alorstant de théâtres, et qui servaient dexcufe à ceuxdont la sévérité peu éclairée condamnait tous lesspectacles.

Les acteurs ne parurent pas élevés, commedans Athènes , fur des cothurnes qui étaient devéritables échasses ; leur visage ne fut pas cachéfous de grands masques, dans lesquels des tuyauxdairain rendaient les sons de la voix plus frap-pans et plus terribles. Nous ne pûmes avoir lamélopée des Grecs. Nous nous réduisîmes à laíìmpie déclamation harmonieuse, ainsi que vousen aviez dabord usé. Enfin nos tragédies devin-rent une imitation plus vraie de la nature. Noussubstituâmes lhistoire à la fable grecque. La poli-tique, lambition, la jalousie, les fureurs delamour régnèrent fur nos théâtres, Augujìe ,