DISSERTATION
JOO
la main de son fils. II était à craindre que cespectacle ne révoltât : et d’abord, en effet, laplupart de ceux qui fréquentent les spectacles ,accoutumés à des élégies amoureuses, se ligué-íent contre ce nouveau genre de tragédie. Ondit qu’autrefois, dans une ville de la grandeGrèce, on proposait des prix pour ceux qui inven-teraient des plaisirs nouveaux. Ce fut ici tout lecontraire. Mais quelques efforts qu 'on ait faitpour faire tomber cette espèce de drame, vrai-ment terrible et tragique, on a pu y réussir; ondisait et on écrivait de tous côtés que l'on ne croîtplus aux revenans , et que les apparitions desmorts ne peuvent être que puériles aux yeuxd’une nation éclairée. Quoi ! toute l’antiquitéaura cru ces prodiges, et il ne fera pas permis dese conformer à l’antiquité ? Quoi ! notre religionaura consacré ces coups extraordinaires de laProvidence, et il serait ridicule de les renouveler?
Les Romains philosophes ne croyaient pas auxrevenans du temps des Empereurs , et cependantle jeune Pompée évoque une ombre dans la Phar-sale. Les Anglais ne croient pas assurément plusque les Romains aux revenans; cependant ilsvoient tous les jours avec plaisir, dans la tragédied’Hamlet, sombre d’un roi qui paraît fur lethéâtre dans une occasion à peu ptès semblable acelle où l’on a vu à Paris le spectre de Ninus . Jesuis bien.loin assurément de justifier en tout la