HISTORIQUE ET CRITIQUE. 9 f
ïl n’y a pas une feule maison souveraine dont onpuisse fixer sorigine. C’est dans l’histoire que lechaos est le commencement de tout. Qui pourraremonter à la source de nos usages et de nos opi-nions populaires ?
Pourquoi donna-t-on ie surnom de bon à ce roiJean qui commenqa son règne par faire mourir ensa présence son connétable fans forme de procès ;qui assassina quatre principaux chevaliers dansRouen , qui fut vaincu par fa faute ; qui céda lamoitié de la France, et ruina l’autre ?
Pourquoi donna-t-on à ce Dom Pèdre , roi légi-time de Castille, le nom de cruel , qu’il fallaitdonner au bâtard Henri de Tranjlamare , assassinde Dom Pèdre et usurpateur ?
Pourquoi appelle-1-on encore bien-aime’ c»malheureux Charles VI qui déshérita son fils enfaveur d’un étranger, ennemi et oppresseur de sanation , et qui plongea tout l’F.tat dans la subver-sion la plus horrible dont on ait conservé la mé-moire ? Tous ces surnoms, ou plutôt tous cessobriquets, que les historiens répètent fans y atta-cher de sens, ne viennent-ils pas de la mêmecause qui fait qu’un marguillier qui ne sait paslire répète les noms d ''Albert le Grands de Gré-goire thaumaturge , de Julien I Apostat , fanssavoir ce que ces noms signifient ? Telle ville futappelée h sainte ou la superbe , dans laquelle iln’y eut ni sainteté ni grandeur ; tei vaisseau fut