ï)’mí tlSCdî/RS HÏST. ET CRÏT. lotdans les armes que dans les lettres ? Mènandrepouvait à toute force s’exprimer ainsi, parce quedes vers de comédie ne font pas les plus difficiles;mais dans î’art tragique, la difficulté est presqueinsurmontable, du moins chez nous.
Dans le siècle passé, il n’y eut que le seul ifa-cine qui écrivit des tragédies avec une pureté etune élégance presque continue ; et le charme decette élégance a été si puissant que les gens delettres et de goût lui ont pardonné la monotoniede ses déclarations d’amour, et la faiblesse dequelques caractères, en faveur de fa diction en-chanteresse.
Je vois dans l’homme illustre qui le précéda desscènes sublimes, dont ni Lopcz de Vega, ni CaUderon , ni Shakespeare n’avaient même pu conce-voir la moindre idée, et qui font très-supérìeuresà ce qu’on admira dans Sophocle et dans Euri-pide ; mais aussi j’y vois des tas de barbarismeset de solécisme qui révoltent, et des froids rai-sonnemens alambiqués qui glacent; j’y vois enfinvingt pièces entières , dans lesquelles à peine ya-t-il un morceau qui demande grâce pour le reste.La preuve incontestable de cette vérité est , parexemple; dans les deux Bérénices de Racine 1 1de Corneille. Le plan de ces deux pièces est éga-lement mauvais, également indigne du théâtretragique. Ce défaut même va jusqu’au ridicule.
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