102 FRAGMENT
Biais par quelle raison est-il impossible de lire laBérénice de Corneille ? par quelle raison eft-elleau-dessous des pièces de Pradon , de Rioupe'rous, ,de Danchet, de Pêchantré, de Pellegrin? etd’où vient que celle de Racine se fait lire avectant de plqisir, à quelques fadeurs près ? d’oùvient qu’elle arrache des larmes ?... c’est queles vers font bons : ce mot comprend tout, fen*tinrent, vérité , décence, naturelpureté de dic-tion , noblesse, force, harmonie, élégance, idéesprofondes, idées ânes, fur - tout idées claires,images touchantes, images terribles , et toujoursplacées à propos. Otez ce mérite à la divinetragédie d’Athalie, il ne lui restera rien ; ôtezce mérite au quatrième livre de l’E.néide et audiscours de Priam à Achille dans Homère, ilsseront insipides. L’abbé du Bos a très-granderaison ; la poésie ne charme que par les beauxdétails.
Si tant d’airsateurs savent par cœur des mor-ceaux admirables des Horaces, de Cinna, dePompée ,de Polieucte et quatre vers d’Héraclius,c’eft que ces vers font très-bien faits ; et si on nepeut lire ni Théodore ni Pertharite, ni DomSanche d’Arragon , ni Attila , ni Agésilas , ni Pul-çhérie , ni la Toison d’or, ni Suréna, etc.etc.etc.,c’est que presque tous les vers en font détestables,11 faut être de bien mauvaise foi pour í’essorcsi-