ACÏE PREMIER.
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Sire, je ne veux point que la France jalouse ,
Votre Sénat, les grands, accusent votre épouseD’avoir immolé tout à son ambition ,
Et de n’être en vos bras que par la trahison.
De ces soupçons affreux la triste ignominieEmpoisonnerait trop ma malheureuse vie.
DOM P £ D R E.
Ecoutez, je vous aime : et ce sacré lien ,
En vous donnant à moi, joint votre honneur anmien.Sachez qu’il 11 ’est ici dc perhde et de traîtreQue ce prince rebelle, et qui s’obstine à l’être.Trompé par une femme, et par l’âge affaibli,
Mettant près du tombeau tous mes droits en oubli,Alfonfc mauvais roi, non moins que mauvais père,(Car je parle fans Feinte , et ma bouche est sincère.)Alfonse, en égalant son bâtard à son fils,líous fit imprudemment pour jamais ennemis.
D’une province entière on fêlait son partage ;
La moitié de mon trône était son héritage.
Que dis-je ! on vous donnait !... plus juste possesseur,J’ai repris tous mes biens des mains du ravisseur.
Le traître avec Guesclin vaincu dans Navarette,
Par une fausse paix réparant fa défaite,
Attire à son parti nos peuples aveuglés.
11 impose au Sénat, aux Etats assemblés;
Faible dans les combats, puissant dans les intrigues,Artisan ténébreux de fraudes et de brigues,
II domine en secret dans mon propre palais.
11 croit déjà régner.... Ne me parlez jamaisDe ce dangereux fourbe et de ce téméraire ;
Cesses