DOM P E D R E.
SCENE II.
DOM PEDRE, LE O N OR E.
DOM PEDRE.
OUS pardonnez enfin ; vos mains daignent ornerCe sceptre que l’Espagne avait dû vous donner.Compagne de mes jours, trop orageux, trop sombres,Vous feule éclaircirez la noirceur de leurs ombres.Les farouches esprits, que je n'ai pu gagner,
Haïront moins Dom Pèdre en vous voyant régner.Dans ces cœurs soulevés, dans celui de leur maître,
Le calme qui nous Fuit pourra bientôt renaître.
Je fuis loin maintenant d’offrir à vos désirsD’une brillante cour la pompe et les plaisirs ;
Vous ne les chershez pas. Le trône ou je vous placeEst entouré du crime, affiégé par l’audace;
Mais s’il touche à fa chute , il fera relevé;
Et dans un sang impur heureusement lavé tEcrasant sous vos pieds la ligue terrassée,
II reprendra par vous fa splendeur éclipsée.
L E O N O R E.
Vous connaissez mon cœur; il n’a rien de caché.Lorsque j’ai vu le vôtre à la fin détachéDes indignes objets de votre amour volage,
J’ai fans peine à mon prince offert un pur hommagesVainement votre père expirant dans mes brasEt prétendant régner au-delà du trépas,
Pour son fils Transtamare aveugle ea fa tendressesAvait en fa faveur exigé ma promesse.
Bientôt par ma raison son ordre fut trahi;
Et plus je vous ai vu, plus j’ai mal obéi.
Enfin,