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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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ACTE TROISIEME.

IJ1

Enfin, jaimais Dom Pèdre en fuyant fa couronne -Et je ne pense pas qne son cœur me soupçonneDavoir pu désirer cette triste grandeur,

Qui fans vous aujourdhui ne me ferait quhorreuréMais si de mon hymen la fête est différée,

Si je ne règne pas je fuis déshonorée.

Vous pouvez par mépris pour la commune erreurBraver la voix publique : et je ia crains, Seigneur.

Je veux quon me respecte, et quaprès vos faiblesses,O11 ne me compte pas an rang de vos maîtresses.

Ma gloire sen irrite : et dans ces tristes joursLa retraite, ou le trône était mon seul recours.

Votre épouse à vos yeux se sent trop outragée.

D O M P E D R E.

Avant la fin du jour vous en ferez vengée.

L E O N O R E.

Je ne prétends pas lêtre. Ecoutez feulementTons les justes sujets de mon ressentiment.

Jai peu du cœur humain la fatale science ;

Mais jouvre enfin les yeux. Ma prompte expérienceMapprcnd ce quon éprouve à la fuite des rois.

Je vois comme on sempresse à condamner leur choix tOn accuse de tout quiconque a pu leur plaire.

De lestrade des grands descendant an vulgaire,

Lc mensonge sans frein , fans pudeur, fans raison,Saccrcît de bouche en bouche, et senfle de poison,Cest moi fi lon en croît votre cour téméraire,

Cest moi dont lartifice a perdu votre frère.

Cest-moi qui lai plongé dans la captivitéPour garder ma conquête avec impunité.

Vous dirai-je encor plus? une troupe effrénée,

Qui devrait souhaiter, bénir mon hymenée,

Théâtre, Tome VI.