ACTE TROISIEME.
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Enfin, j’aimais Dom Pèdre en fuyant fa couronne -Et je ne pense pas qne son cœur me soupçonneD’avoir pu désirer cette triste grandeur,
Qui fans vous aujourd’hui ne me ferait qu’horreuréMais si de mon hymen la fête est différée,
Si je ne règne pas je fuis déshonorée.
Vous pouvez par mépris pour la commune erreurBraver la voix publique : et je ia crains, Seigneur.
Je veux qu’on me respecte, et qu’après vos faiblesses,O11 ne me compte pas an rang de vos maîtresses.
Ma gloire s’en irrite : et dans ces tristes joursLa retraite, ou le trône était mon seul recours.
Votre épouse à vos yeux se sent trop outragée.
D O M P E D R E.
Avant la fin du jour vous en ferez vengée.
L E O N O R E.
Je ne prétends pas l’être. Ecoutez feulementTons les justes sujets de mon ressentiment.
J’ai peu du cœur humain la fatale science ;
Mais j’ouvre enfin les yeux. Ma prompte expérienceM’apprcnd ce qu’on éprouve à la fuite des rois.
Je vois comme on s’empresse à condamner leur choix tOn accuse de tout quiconque a pu leur plaire.
De l’estrade des grands descendant an vulgaire,
Lc mensonge sans frein , fans pudeur, fans raison,S’accrcît de bouche en bouche, et s’enfle de poison,C’est moi fi l’on en croît votre cour téméraire,
C’est moi dont l’artifice a perdu votre frère.
C’est-moi qui l’ai plongé dans la captivitéPour garder ma conquête avec impunité.
Vous dirai-je encor plus? une troupe effrénée,
Qui devrait souhaiter, bénir mon hymenée,
Théâtre, Tome VI. Há