4 PREFACE
parfait d’une aussi excellente plume que Testcelle de M. de Voltaire.
Les difficultés que ce prince de la poésiefrançaise a trouvé à surmonter, Iorsqu’íl com-posa ce poème épique, sont innombrables. 11avait contre lui les préjugés de toute l’Europe,et ceux de fa propre nation, qui était du sen-timent que l’épopée ne réussirait jamais enfrançais; il avait devant lui le triste exemple deses précurseurs, qui avaient tous bronché danscette pénible carrière ; il avait encore à combattrece respect superstitieux du peuple savant pourVirgile et pour Homère, et plus que tout cela,une santé faible et délicate, qui aurait mis toutautre homme moins sensible que lui à la gloirede sa nation hors d’état de travailler. C'estnéanmoins indépendamment de ces obstaclesque M. de Voltaire est venu à bout d’exécuterson dessein, quoiqu’aux dépens de fa fortuneet souvent de son repos.
Un génie aussi vaste, un esprit aussi sublime ,un homme auííi laborieux que l’est M. de Viltaire^se serait ouvert le chemin aux emplois les plusillustres, s’il avait voulu sortir de la sphère dessciences qu’il cultive, pour se vouer à ces affairesque l’intérét et i'ambition des hommes ont cou-tume d’appeler de solides occupations : mais ila préféré de suivre l’impulsion irrésistible de songénie pour ces arts et pour ces sciences aux