.20
f R E F A C E
M. L’abbé Langlet du Fresnoy nous est adonneía traduction suivante.
A L A R E I N E.
M A D A M E ,
C’est le sort de h E N RI IV d’être protégépar une reine d’Angleterre ; il a été appuyé parElisabeth , cette grande,princesse qui était dansson temps la gloire de son sexe. A qui sa mémoirepourrait-elie être aussi bien confiée qu’à une prin-cesse dont les vertus personnelles ressemblent tantà celles s Elisabeth ?
Votre majesté trouvera dans ce livre desvérités bien grandes et bien importantes ; la moraleà l’abri de la superstition ; l’efprit de liberté, égale-ment éloigné de la révolte et de suppression ; lesdroits des rois toujours assurés, et ceux du peupletoujours défendus. Le même esprit dans lequel ilest écrit me fait prendre la liberté de l’offrir à lavertueuse épouse d’un roi qui, parmi tant de têtescouronnées, jouit presque seul déshonneur, sansprix, de gouverner une nation libre, et d’un roi quifait consister son pouvoir à être aimé , et sa gloireà être juste.
Notre Descartes , le plus grand philosophe del’Europe, avant que le chevalier Ne-veton parût, adédié ses principes à la célèbre princesse palatineElisabeth non pas, dit-il, parce qu’elle était prin-cesse, car les vrais philosophes respectent les princeset ne les flattent point ; mais parce que de tous ses