BE M. MARMONTEL. 2 7
dans 1c tout. On fusait un jour remarquer à unhomme de lettres ce beau vers où M. de Voltaireexprime le mystère de f eucharistie :
Et lui découvre un Dieu fous un pain qui n’est plus.
Oui, dit-il, ce vers est beau ; mais je ne fais,l’idée n’en est pas neuve. Malheur, dit M. deFènilon, (/) à qui n’est pas ému en lisant ce$Vers !
(g) Fortunatcsenex, hic inter Jlumina noteEt fautes sacres frigus captabis opacum.
N’aurais-je pas raison d’adresser cette espèced’anathème au critique dont je viens de parler?J’ose prédire à tous ceux qui comme lui veulentdu neuf, c’est-à-dire de l’inouï, qu’on ne lesfìtisfera jamais qu’aux dépens du bon sens.Aíiìton luí-même n’a pas inventé les idées géné-rales de son poème, quelque extraordinairesqu’elles soient : il les a puisées dans les poètes,dans récriture sainte. L’idée de son pont, toutegigantesque qu’elle est , n’est pas neuve : Sadis’en était servi avant lui, et savait tirée de lathéologie des Turcs. Si donc un poète qui afranchi les limites du monde , et peint des objetshors de la nature, n’a rien dit dont l’idée géné-trde ne soit ailleurs, je crois qu’on doit se con-tenter d’être original dans les détails et dans
(/) tertre à {'académie française, f g) Virgile, églogne I.
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