SUR I.A HENRIADE.
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maïs rares : on en trouve beaucoup dans les prin-cipaux , ou pour mieux dire , dans tous les poètesdes langues modernes, su r-tout dans ceux de laseconde classe de fantiquité.
A i’égan.1 du style, je puis encore ajouter uneexpérience que j’ai faite, qui donne beaucoup àprésumer en fa saveur. Ayant traduit ce poèmecouramment, en le lisant à différentes personnes,je me fuis aperçu qu’elles en ont senti toute lagrâce et la majesté : indice infaillible que le styleen est très-excellent. Aussi fauteur se sert il d’ur;enoble simplicité et brièveté pour exprimer deschoses difficiles et vastes, fans néanmoins rienlaisser à délirer pour leur entière intelligence ; talentbien rare, et qui fait f essence du vrai sublime,Après avoir fait connaître en général le prix etle mérite de ce poème, il est inutile d’entrer dansun détail particulier de ses beautés les plus écla-tantes. II y en a, je f a voue, plusieurs dont je croisreconnaître les originaux dans Homère , et sur-toutdans f Iliade, copiés depuis avec différens succèspar tous les poètes postérieurs ; mais on trouve aussidans ce poème une infinité de beautés qui semblentneuves et appartenir en propre à la Henriade.
Telles font, par exemple, la noblesseet f allégoriede tout le chant V e , l’endroit où le pocte représentel’infame meurtre de Henri III, et sa juste réflexionsur ce misérable assassin,
C’est encore quelque chose de nouveau dans lapoésie , que le discours ingénieux qu’on lit fur les«hâdmens à subir après la mort.
II ne me souvient pas non plus d’avoir vu ailleurs