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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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CHANT QUATRIÈME. IZ}

Elle applique à ses maux une main salutaire}

Elle étanche ce sang répandu pour lui plaire:

Mais tandis quà son corps elle rend la vigueur,

De ses mortels poisons elle infecte son cœur.

Tel souvent un tyran, dans fa pitié cruelle,Suspend dun malheureux la sentence mortelle;

A ses crimes secrets il fait servir son bras,

Et quand ils font commis, il le rend au trépas.

Henri fait profiter de ce grand avantage,

Dont le fort des combats honora son courage.

Des momens dans la guerre il connaît tout le prix;II presse au même instant ses ennemis surpris :

H veut que les assauts succèdent aux batailles ;

II fait tracer leur perte autour de leurs murailles.Valois, plein despérance et fort dun tel appui,Donne aux soldats lexemple et le reçoit de lui;

II soutient les travaux, il brave les alarmes.

La peine a ses plaisirs, le péril a ses charmes.

Tous les chefs font unis, tout succède à leurs vœux;Et bientôt la Terreur qui marche devant eux,

Des assiégés tremblans dissipant les cohortes,

A leurs yeux éperdus allait briser leurs portes.

Que peut faire Mayenne en ce péril pressant 2Mayenne a pour soldats un peuple gémissant:

Ici la fille en pleurs lui redemande un père;

I.à le frère effrayé pleure au tombeau d'un frère:Chacun plaint le présent et craint pour lavenir;

Ce grand corps alarmé ne peut se réunir.

On sassemble, on consulte, on veut fuir ou se rendre ;Tous sont irrésolus, nul ne veut se défendre ; (b)Tant le faible vulgaire, avec légèreté,

Fait succéder la peur à la témérité !

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