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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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De ce superbe Guise, en qui lon vit paraîtreLe tyran de lËtat et le roi de son maître;

Et qui, toujours puissant même après son trépas,Traînait encor la France à lhorreur des combats.Dun casque redoutable il a chargé sa tête :

» Un glaive! est dans fa main au meurtre toujours prête;Son flanc même est percé des coups dont autrefoisCe héros factieux fut massacré dans Blois ;

Et la voix de son sang, qui coule en abondance,Semble accuser Valois et demander vengeance.

Ce fut dans ce terrible et lugubre appareil,ÇHiau milieu des pavots que verse le sommeil,îi vint trouver Clément au fond de sa retraite.

La superstition, la cabale inquiète,

Le faux aèîe enflammé dun courroux éclatant,Veillaient tous à fa porte et louvrent à l'instant.

11 entre ; et dune voix majestueuse et fière :

Dieu requit, lui dit-il, tes vœux et ta prière ;

Mais naura-t-il de toi, pour culte et pour encens,Ouun-e plainte éternelle et des vceux impuissans?

Au Dieu que sert la ligue il faut dautres offrandes ;11 exige de toi les dons que tu demandes.

Si Judith autrefois, pour sauver son pays,

Ncût cffert à son Dieu que des pleurs et des cris;Si craignant pour les liens elle eût craint pour fa vie,Judith eût vu tomber les murs de Béthulie.

Voilà les saints exploits que tu dois imiter.

Voilà loffrande enfin que tu dois présenter.

Mais tn rougis déjà de lavoir différée.

Cours, vole , et que ta main dans le sang consacrée',Délivrant les Franqais de leur indigne roi,

Venge Paris et Rome, et l'univers, et mai.