CHANT CINQUIEME. 15 ï
Par un assassinat Valois trancha ma vie,
II faut il’un même coup punir fa perfidie;
Mais du noxì d’affaffin ne prends aucun effroi ;
Ce qui fut crime en lui fera vertu dans toi.
Tout devient légitime à qui venge !’E;lise :
Le meurtre est juste aiors, et le ciel i’autorife.
Que dis-je ? ii le commande ; il t’instruit par ma .voix 1Qu’il a choisi ton bras pour la mort de Valois :Heureux fi tu pouvais, consommant sa vettgeatice,Joindre le navarrois au tyran de la France;
Et si de ces deux rois tes citoyens sauvésTe pouvaient !... mais les temps ne font pas arrivé?»-Bourbon doit vivre encor; le Dieu qu'il persécuteRéserve à d’autres mains la gloire da fa chute.
Toi, de ce Dieu jaloux remplis les grands desseins,;Et reqois ce présent qu’il te fait par mes mains.
Le fantôme à ces mots fait briller une épée,Qu’aux infernales eaux la haine avait trempée;
Dans la main de Clément il met ce don fatalIl fuit et se replonge au séjour infernal.
Trop aisément trompé , le jeune solitaireDes intérêts des cieux se crut dépositaire.
H baise avec respect ce Funeste présent,
II implore à genoux le bras du Tout-puiffantEt plein <Iu monstre affreux dont la fureur le guide,D’un air sanctifié s’apprête au parricide.
Combien le cœur de l’homme est soumis à Terreur !Clément goûtait alors un paisible bonheur tII était animé de cette confianceQui dans le cœur des saints affermit Tinnocence ;
Sa tranquille fureur marche les yeux baillés;
Ses (;) sacrilèges vœux au ciel sent adressés ;•