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If- LA HENRIADE.
Son Front de la vertu porte l’etnpreinte austèrí,
Et son fer parricide est caché sous fa haire.
II marche; ses amis instruits de son dessein ,
Et de fleurs fous ses pas parfumant son chemin,Remplis d un saint respect, aux portes le conduisent,Bénissent son destin, l’encouragent, l’instruisent,Placent déjà son nom parmi lâ noms sacrés,
Dans les fastes de Rome à jamais révérés ,
Le nomment à grands cris le vengeur de la France,
Et l’encens à la main , l’invoquent par avance.
C’est avec moins d’ardeur , avec moins de transport,Que les premiers chrétiens , avides de la mort,Intrépides soutiens de la foi de leurs pères,
Au martyre autrefois accompagnaient leurs frères,Enviaient les douceurs de leur heureux trépas ,
Et baisaient en pleurant les traces de leurs pas.
Le fanatique aveugle et le chrétien sincère (c)
Ont porté trop souvent le même caractère ;
Ils ont même courage, ils ont mêmes désirs.
Le crime a ses héros, Terreur a ses martyrs:
D u vrai zèle et du faux vains juges que nous sommes,Souvent des scélérats ressemblent aux grands-hommes.
Mayenne, dont les yeux savent tout éclairer,Voit le coup qu’on prépare et feint de I’ignorer/
De ce crime odieux son prudent artificeSonge à cueillir le fruit sans en être complice.*
II laisse avec adresse au plus séditieuxLe soin d’encourager ce jeune furieux.
Tandis que des ligueurs une troupe homicideAux portes de Paris conduisait le perfide,
Des Seize en même temps le sacrilège effort •
Sur cet événement interrogeait le fort