Is6 LA HENRIADE.
J’ai volé vers mon prince, et vous rends cette lettreQu’à mes fidelles mains Harki vient de remettre.
Valois reçoit la lettre avec empressement.
II bénissait les cieux d’ttn si prompt changement:Quand pourraî-je, dit-il, au gré de ma justiceRécompenser ton zèle et payer ton service ?
En lui disant ces mots il lui tendait les bras:
Le monstre au même instant tire son coutelas,
L’cn frappe, et dans le flanc f enfonce avec furie.
Le sang coule, on s’étonne, on s’avance, on s'écrie:Mille bras font levés pour punir l’assassm.
Lui fans baisser les yeux les voit avec dédain;
Fier de son parricide et quitte envers la France,
11 attend à genoux la mort pour récompense :
De la France et de Rome il croît être l’appui;
II pense voir les cieux qui s'entrouvrent pour lui ;Et demanda ot à' Dieu la palme du martyre ,
11 bénit, en tombant, les coups dont il expire.
Aveuglement terrible, affreuse illusion!
Digne à la fois d’horreur et de compassion,
Et de la mort du roi moins coupable peut-êtreQue ces lâches docteurs, ennemis de leur maître,Dont la voix répandant un funeste poison,
D’un faible solitaire égara la raison.
De j a Valais touchait à son heure dernière;
Ses yeux ne voyaient plus qu’un reste de lumière;Ses courtisans en pleurs, autour de lui rangés,
Par leurs desseins divers en secret partagés >
D’une commune voix formant les mêmes plaintes,Exprimaient des douleurs , ou sincères ou feintes.Quelques-uns, que flattait l’espoir du changement,Du danger de kur roi s’affligcaient faiblement 5