Ï 70 LA HENRIADE.
Etaient de longs hameaux d’un rempart entourés,Par un fossé profond de Paris séparés.
Dv côté du Levant bientôt Bourbon s'avance.
Le voilà qui s’approche, et la mort le devance.
Le fer avec le feu vole de toutes parts,
Des mains des aífiégeans et du haut des remparts.Ces remparts menaqans, leurs tours et leurs ouvrages,S’écroulent fous les traits de ces brûlans orages :
On voit les bataillons rompus et renversés,
Et loin d’eux dans les champs leurs membres dispersés.Ce que le fer atteint tombe réduit en poudre,
Et chacun des partis combat avec la foudre.
Jadis avec moins d’art, au milieu des combats.Les malheureux mortels avanqaient leur trépas.Avec moins d’appareil ils volaient au carnage,
Et le fer dans leurs mains suffisait à leur rage.
De leurs cruels enfans l’effort industrieuxA dérobé le feu qui brûle dans les cieux.
On entendait gronder ces (4) bombes effroyables,Des troubles de la Flandre enfans abominables.
Dans ces globes d’airain le salpêtre enflammé (6)Volé avec la prison qui le tient renfermé:
II la brise, et la mort en sort avec furie.
Avec plus d’art encore et plus de barbarie,Dans des antres profonds on a su renfermerDes foudres souterrains, tout prêts à s’allumer.
Sous un chemin trompeur, où volant au carnage,Le soldat valeureux se fie à son courage,
On voit en un instant des abymes ouverts,
De noirs torrens de soufre épandus dans les airs,Des bataillons entiers par ce nouveau tonnerreEmportés, déchirés, engloutis fous la terre.