C H A. N T SIXIEME. 169
. fi’un tourbillon de poudre obscurcissant les airs,
Les orages fougueux parcourent l’univers.
C’etait du grand Henri la redoutable armée,Qui, lasse du repos et de sang affamée,
Fesait entendre au loin ses formidables cris »Remplissait la campagne et marchait vers Paris.
Bourbon n’employait point ces momens salutairesA rendre au dernier roi les honneurs ordinaires,
A parer son tombeau de ces titres brillansQue reçoivent les morts de {'orgueil des vlvans;
Ses mains ne chargeaient point les rives désoléesDe {'appareil pcmpeux de ces vains mausolées,
Par qui, malgré l’injure et des temps et du fort,La vànité des grands triomphe de la mort.
II voulait à Valois, dans la demeure sombre ,Envoyer des tributs pins dignes de son ombre,Punir ses assassins, vaincre ses ennemis,
Et rendre heureux son peuple après savoir fourni*.'
A u bruit inopiné des assauts qu’il prépare,
Des Etats consternés le conseil se sépare :
Mayenne au même instant court au haut des remparts;Le soldat rassemblé vole à ses étendards :
II insulte à grands cris le héros qui s’avance.
Tout est prêt pour {'attaque, et tout pour la défense.Paris n’était point tel en ces temps orageux,Qu’il parait en nos jours aux Français trop heureux.Cents forts qu’avaient bâtis la Fureur et la crainte ,Dans un moins vaste espace enfermaient son enceinte.Ces faubourgs, aujourd’hui si pompeux et si grands,Que la main de h paix tient ouverts en tout temps,D’une immense cité superbes avenues»
Où nos palais dorés se perdent dans les nues#
T. 12, La Henriade, k