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Le soldat à son gré sur ce Funeste mur, „Combattant de plus près, porte un trépas plus sûr.
Alors on n’enlend plus ces foudres de la guerre,Dont les bouches de bronze épouvantaient la terre;Un farouche silence, enfant de la Fureur,
A ces bruyans éclats succède avec horreur.
D'un bras déterminé, d’un œil brûlant de rage,Parmi ses ennemis chaeun s’ouvre un passage.
On saisit, on reprend, par un contraire effort,
Ce rempart teint de sang, théâtre de la mort.
Dans ses fatales mains la victoire incertaineTient encor près des lis l’étendard de Lorraine.
Les affiégeans surpris font par-tout renversés,
Cent fois victorieux et cent fois terrassés ;
Pareils à l'Océan poussé par les orages,
Qui couvre à chaque instant et qui Fuit ses rivage»Jamais le roi, jamais son illustre rival,N’avaient été fi grands qu’en cet assaut fatal.Chacun d’eux, au milieu du sang et du carnage,Maître de son esprit, maître de son courage,Dispose, ordonne, agit, voit tout en même temps,Et aduit d’un coup d’œil ces affreux mouvemens.
Cepenbant des Anglais la formidable élite,Par le vaillant Essex à cet assaut conduite,Marchait fous nos drapeaux pour la première Fois,Et semblait s’étonner de servir sous nos rois.
Ils viennent soutenir l’honneur de leur patrie,Orgueilleux de combattre et de donner leur vie,Sur ces mêmes remparts et dans ces mêmes lieux jOù la Seine autrefois vit régner leurs aïeux»
Essex monte à la brèche où combattait d’Aumale ;Tous deux jeunes, brillans, pleins d’une ardeur égale,