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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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172 LA H £ N R I A D E.

Le soldat à son gré sur ce Funeste mur,Combattant de plus près, porte un trépas plus sûr.

Alors on nenlend plus ces foudres de la guerre,Dont les bouches de bronze épouvantaient la terre;Un farouche silence, enfant de la Fureur,

A ces bruyans éclats succède avec horreur.

D'un bras déterminé, dun œil brûlant de rage,Parmi ses ennemis chaeun souvre un passage.

On saisit, on reprend, par un contraire effort,

Ce rempart teint de sang, théâtre de la mort.

Dans ses fatales mains la victoire incertaineTient encor près des lis létendard de Lorraine.

Les affiégeans surpris font par-tout renversés,

Cent fois victorieux et cent fois terrassés ;

Pareils à l'Océan poussé par les orages,

Qui couvre à chaque instant et qui Fuit ses rivage»Jamais le roi, jamais son illustre rival,Navaient été fi grands quen cet assaut fatal.Chacun deux, au milieu du sang et du carnage,Maître de son esprit, maître de son courage,Dispose, ordonne, agit, voit tout en même temps,Et aduit dun coup dœil ces affreux mouvemens.

Cepenbant des Anglais la formidable élite,Par le vaillant Essex à cet assaut conduite,Marchait fous nos drapeaux pour la première Fois,Et semblait sétonner de servir sous nos rois.

Ils viennent soutenir lhonneur de leur patrie,Orgueilleux de combattre et de donner leur vie,Sur ces mêmes remparts et dans ces mêmes lieux j la Seine autrefois vit régner leurs aïeux»

Essex monte à la brèche combattait dAumale ;Tous deux jeunes, brillans, pleins dune ardeur égale,