CHANT SIXIEME. I?Z
Tels qu’aux remparts de Troye on peint les demi-dieux.Leurs amis tout Fanglans font en Foule autour d’eux.Français, Anglais, Lorrains, que la Fureur assemble,Avançaient, combattaient, frappaient, mouraient enfemblç,
Ange, qui conduisiez leur Fureur et leur bras ,Ange exterminateur , ame de ces combats,
De quel héros enfin prîtes-vons la querelle ?
Pour qui pencha des cieux la balance éternelle ?
Long-temps Bourbon , Mayenne, Effex et son rival,Assiégesns, assiégés, font un carnage égal.le parti le plus juste'eut enfin l’avantage:
Enfin Bourbon l’emporte, il Fe Fait un passage ;
Les ligueurs fatigués ne lui résistent plus ;
Ils quittent les remparts, ils tombent éperdus.
Comme on volt un torrent, d» haut des Pyrénées,Menacer des vallons les nymphes consternées.
Les digues qu’on oppose à ses flots orageuxSoutiennent quelque temps son choc impétueux :
Mais bientôt renversant sa barrière impuissante,
II porte au loin le bruit, la mort et l’épcuvaprte ;Déracine en passant ces chênes orgueilleux, ■•3Oui bravaient les hivers et qui touchaient les ùeux.Détache les rochers d 11 penchant des montagnes,
Et poursuit les troupeaux foyans dans les campagnes.Tel Bourbon descendait à pas précipitésDu haut des murs fumans qu’il avait emportés:
Tel d’un bras Foudroyant Fondant Fur les rebelles,
II moissonne en courant leurs troupes criminelles.
Les Seize avec effroi fuyaient ce bras vengeur,
Egarés , confondus, dispersés par la peur.
Mayenne ordonne enfin que l’on ouvre les portes;
II rentre dans Paris suivi de ses cohortes.