39© L A H E K R I A D E.
Vous voyez, dit Louis, dans ce sacré séjourLes portraits; des humains qui doivent naître un jour tDes siècles à venir ces vivantes imagesRassemblent tous les lieux, devancent tous les âges.Tous les jours des humains, comptés avant les temps,Aux yeux de l’Eternel à jamais font pré sens.
Le Destin marque ici l'instant de leur naissance,Rabaissement des uns, des autres la puissance,
Les divers changemens attachés à leur fort,
Leurs vices, leurs vertus , leur fortune et leur mort.
Approchons-nous , le ciel te permet de connaîtreLes rois et les héros qui de toi doiveut naître.
Le premier qui paraît c’eft ton auguste fils}
II soutiendra long-temps la gloire de nos lis ,Triomphateur heureux du Beige et de l’Ibère,
Mais il n’égalera ni son fils ni son père.
Henri dans ct moment volt fur des fleuirs de lisDeux mortels orgueilleux auprès du trône assis.
Ils tiennent fous leurs pieds tout un peuple à 1a chaîne jTous deux font revêtus de ia pourpre romaine »Tous deux iont entourés de gardes,.de soldats;
II les prend pour des rois.. . Vous ne vous trompez pas,Hs le font, dit Louis, fans en avoir le titre;
Du prince et de l’Etat l’un et l'autre est l’arbitre.
RiCHEniEtr, Mazarin, ministres immortels,Jnfqu’au trône élevés de l’ombre des autels,
Enfans de la fortune et de la politique,
Marcheront à grands pas au pouvoir despotique. 'Richelieu, grand , sublime, implacable ennemi}Mazarin , souple , adroit et dangereux ami ;
L’un ( 14) Fuyant avec art et cédant à l’orage,L’autre aux flots irrités opposant Ion courage >■