CHANT SEPTIEME. l8y
II fait marcher son fils vers ces sacrés remparts,
Et cent portes d’airain s’ouvrent à ses [regards.
1e Temps , d’une aile prompte et d’un vol insensible,Fuit et revient fans cesse à ce palais terrible;
Et de là fur la terre il verse à pleines mainsEt les biens et les maux destinés aux humains.
Sur un autel de Fer un livre inexplicableContient de l’avenir l’histoire irrévocable.
La main de l’Eternel y marqua nos désirs,
Et nos chagrins cruels et nos faibles plaisirs.
On voit la Liberté , cette esclave si fière ,
Par d’invisibles noeuds en ces lieux prisonnière.
Sous un joug inconnu, que rien ne peut briser,Dieu sait l’assujettir sans la tyranniser ;
A ses suprêmes lois d’autant mieux attachée,
Que fa chaîne à ses yeux pour jamais est cachée jQu’en obéissant même elle agit par son choix,
Et souvent aux destins pense donner des lois.
Mon cher fils, dit Louis, c’est delà que la grâceFait sentir aux humains fa Faveur efficace:
C’est de ces lieux sacrés qu’un jour son trait vainquentDoit partir, doit brûler, doit embraser ton cœur.
Tu ne peux différer , ni hâter ni connaîtreCes momens précieux dont Dieu seul est le maître.Mais qu’ils font encor loin ces temps, ces heureux tempsOù Dieu doit te compter au rang de ses enfans!
Ç)ue tu dois éprouver de Faibtess s honteuses !
1t que tu marcheras dans des routes trompeuses !Retranches, á mon Dieu , des jours de ce grand roiCes jours infortunés qui l’éloignetrt de toi.
Mais dans ces vastes lieux quelle Foule s’empresse ?Elle entre à tout moment et s’éeoule fans cesse.