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C II A N T HUITIEME. 22Z
Vint voir comme il saurait user de la victoire,
Et b’il achèverait de mériter sa gloire.
Ses soldais près de liii, d’un œil plein de courroux,Regardaient ces vaincus échappés à leurs coups.
Les captifs en tremblant, conduits en fa présence,Attendaient leur arrêt dans un profond silence.
Le mortel désespoir, la honte, la terreur,
Dans leurs yeux égarés avaient peint leur malheur.Bourbcn tourna fur eux des regards pleins de grâce,Oìi régr.e.'ent à la fois la douceur et l’audace.
Soyez libres, dit il ; vous pouvez désormaisRester mes ennemis ou vivre mes sujets.
Entre Mayenne et moi reconnaissez un maître rVoyez qui de nous deux a mérité de f être pEsclaves de la ligue, ou compagnons d’un roi,
Allez gémir fous elle, ou triomphez fous moi:Choisissez, A ees mots d’un roi couvert de glo're,Sur un champ de bataille, au sein de la victoire,On volt en un moment ces captifs éperdus,
Contens de leur défaite, heureux d’ètre vaincus.Leurs yeux font éclairés, leurs cœurs n’ont plu< de liane}Sa valeur 1 s vainquit, fa vertu les enchaîne;
Et s’honorant déjà d u nom de ses soldats,
Pour expier leur crime ils marchent fur ses pas.
Le généreux vainqueur a cessé le carnage;
Maître de ses guerriers, il fléch-t leur courage.
Ce n’est plus ce lion qui, tout couvert de sang,Portait avec Beffroi la mort de rang en rang.
C’est un Dieu bieasesant, qui laissant son tonnerre, (»«)Enchaîne la tempête et console la terre.
Sur ce front menaçant, terrible, ensanglanté,
La paix a mis les traits de la sérénité.