LETTRE CLXXVI.
A M. LE MARECHAL DUC DE RICHELIEU.
A Ferneyj.le aï décembre 177a.
C^uoi! toujours la cruelle enviePoursuit ma réputation!
On dit qu’une nymphe jolie,
Dans ma dernière maladie,
M'a donné l’extrême-onction,
Et que j’emporte en Vautre vieCe peu de consolation.
Voyez l’horrible calomnie!
Seigneur, il n’appartient qu’à vous,,
A votre jeunesse immortelle,
De faire encor de si beaux coups,
Et d’être entre les deux genouxD’une coquine fraîche et belle.
Je sens que je fuis an tombeau :
Cet état me fait de la peine :
Mais il ne faut pas qu’un roseauVive auísi long-temps que le chêne.
Mon héros exige que je lui conte le fait, parcequ’il veut être instruit de ce que ses sujets, jeu-nes et vieux, font dans son empire. Je lui diraidonc, comme devant dieu , que madame Deìiisfesant les honneurs d’un grand dîner, je mangeaisdans ma chambre un plat de légumes, ainsi quevous es usâtes quand vous honorâtes mon taudisde votre présence. Une belle demoiselle de lacompagnie., plus grande, que madame M**, de