DU SIECLE D5 LOUIS XIV. lAZ
C’étaït-làen effet le caractère de Boindin^et c’est lui qui est: peint dans le temple dn goûtfous le nom de Bàrdckt, II fut dans softmémoire la dupe de fa haine. Incapable dedire ce qu’il ne croyait paset incapable dechanger d'avis fur ce que son humeur lui inspi-rait: ses mœurs étaient irréprochables: il vécuttoujours en philosophe rigide ; il fit des actionsde générosité ; mais cette humeur dure et info-ciable lui donnait des préventions dont il narevenait jamais.
Toute cette funeste affaire, qui a eu de 0 lon-gues suites, etdontiln’y a guère d hommes plusinstruits que moi, dut son origine au plaisir inno-cent que prenaient plusieurs personnes de mérite de-s’assembler dans un café. On n’y respectait pasassez la première loi de la société , de fe ménagerles uns les autres. On se critiquait durement,et de simples impolitesses donnèrent lieu à deshaines durables et à des crimes. C’eít au lecteurà juger si dans cette affaire il y a eu trois cri-minels ou un seul.
On a dit qu’il se pourrait à toute force queSaurtn eút été fauteur des derniers coupletsattribués à Rousseau. II fe pourrait que Rousseauayant été reconnu coupable des cinq premiersqui étaient de la même atrocité, Saurin eûtfait les derniers pour le perdre, qtioiqu’il n’yeût aucune rivalité entre ces deux hommes,quoique Saurin fût alors plongé dans les calculsde falgèbre, quoique lui-méme fût cruellementoutragé dans ces derniers couplets, quoique tous