DU TEMPS DE LOUIS XIV. 217
grand goût: mais si lc chef a le goût petit, sifa manière est aride et léchée , si ses figuresgrimacent, si ses tableaux font peints commeles éventails; les élèves, subjugués pari’insita-tion ou par f envie de plaire à un mauvais maître,perdent entièrement f idée de la belle nature.íl y a une Fatalité fur les académies : auçun ouvra-ge, qu’on appelle académique, n’a été encore enaucun genre un ouvrage de génie. Donnez-moi.un artiste tout occupé de la crainte de ne passaisir la manière de fes confrères, ses productionsferont compassées et contraintes. Donnez-moiun homme d’un esprit libre, plein de la naturequ’il copie, il réussira. Presque tous les artistessublimes, ou ont fleuri avant les établiífemensdes académies, ou ont travaillé dans un goûtdifférent dç celui qui régnait dans ces sociétés.
Corneille , Racine , Uesprèaiix *, le Sueur , leMoine non-feulementprirentune route différentede leurs confrères, mais ils les avaient presquetous pour ennemis.
Poussin c Nicolas) né aux Andelis en Nor-mandie en 1 ç94, fut l’élève de son génie; il feperfectionna à Rome. On l’appelle le peintredes gens d'esprit ; on pourrait auílì l’appeler celuides gens de goût. II n’a d’autre défaut que celuid’avoir outré le sombre du coloris de l’école ro-maine. Ii était dans son temps le plus grandpeintre de l’Europe. Rappelé de Rome à Paris ?ii y céda à l’envie et aux cabales ; il fe retira :e’eft ce qui est arrivé à plus d’un artiste. J)g
T. iZ. Sièçle. Tome I. T