AU SIECLE DE LOUIS XIV. 22Y
qui commence à peu près à rétablissement de i’a-cadémie franqai.se , les Italiens appelaient tousles ultramontains du nom de barbares : il fautavouer que les Français méritaient en quelqueforte cette injure. Leurs pères joignaient la galan-terie romanesque des Maures à la grossièreté go-thique ; ils n’avaient presque aucun des arts ai-mables; ce qui prouve que les arts utiles étaientnégligés : car lorsqu'on a perfectionné ce qui estnécessaire , on trouve bientôt le beau et f agréa-ble ; et il n’est pas étonnant que la peinture , lasculpture, la poésie , f éloquence , la philosophiesussent presque inconnues à une nation qui, ayantdes ports fur l’Océan et fur Ja Méditerranée, n’a-va-it pourtant point de flotte , et qui, aimant leIpxe à l’excès, avait à peine quelques manufac-tures grossières.
Les Juifs, les Génois, les Vénitiens, les Por-tugais , les Flamands, les Hollandais, les Anglaisfirent tour à tour le commerce de la France , quien ignorait les principes. Louis XIII à son avène-ment à la couronne n’avait pas un vaisseau ; Parisne contenait pas quatre cents mille hommes, etn’était pas décoré de quatre beaux édiíìces;les au-tres villes du royaume ressemblaient à ces bourgsqu’on voit au-delà de la Loire. Toute la noblesse,cantonnée à la campagne dans des donjons entou-rés de fossés, opprimait ceux qui cultivent laterre. Les grands chemins étaient presque impra-ticables; les villes étaient fans police, l'Etatfans argent, et le gouvernement presque toujoursfans crédit parmi les nations étrangères.
,On ne doit pas se dissimuler que , depuis la