2.|2 DES ETATS DE I.’EUROFE
dignités de fa feule puissance. Tous les évêquesitaliens , espagnols , flamands, fe nomment évê-ques par la permission divine , et par celle dttS e Siège. Beaucoup de prélats français , vers Fan1682 , rejetèrent cette formule si inconnue auxpremiers siècles ; et nous avons vu de nos jours,en I7S4, un évêque ( Stuart Fitzjames , évê-que de Soissons ) assez courageux pour i’omettredans un mandement qui doit passer à la postérité ;mandement ou plutôt instruction unique, danslaquelle il est dit expressément ce que nul pontifen’avait encore osé dire, que tous les hommes,et les infidelles mêmes font nos frères.
Enfin le pape a conservé dans tous les Etatscatholiques des prérogatives qu’affurément il n’ob-tiendrait pas si le temps ne les lui avait pas don-nées. II n’y a point de royaume dans lequel il n’y aitbeaucoup de bénéfices à fa nomination ; il requiten tribut les revenus de la première année desbénéfices consistoriaux.
Les religieux, dont les chefs résident à Rome,font encore autant de sujets immédiats du pape,répandus dans tous les Etats. La coutume, quifait tout, et qui est cause que le monde estgouverné par des abus comme par des lois,n’a pas toujours permis aux princes de remédierentièrement à un danger, qui tient d’ailleurs àdes choses regardées comme sacrées. Prêter fer-ment à un autre qu’à son souverain est un crimede lèse - majesté dans un laïque ; c'est dans lecloître un acte de religion. La difficulté desavoir à quel point on doit obéir à ce souverain