AVANT LOUIS XIV, 241
sur le visage, et qui dans soti gouvernementcouvrit des qualités d’un grand roi tous lescrimes d’un usurpateur.
DE ROME.
Cette balance que FAngleterre s’étaítlong-tempsflattée de maintenir entre les rois par fa puis-sance , la cour de Rome essayait de la tenir parsa politique. L’Italie était divisée, comme aujour-d’hui , en plusieurs souverainetés : celle quepossède le pape est aílòz grande pour le rendrerespectable comme prince, et trop petite pourle rendre redoutable. La nature du gouvernementne sert pas à peupler son pays, qui d’ailleurs apeu d’argent et de commerce; son autorité spiri-tuelle , toujours un peu mêlée de temporel, estdétruite et abhorrée dans la moitié de la chré-tienté ; et si dans l’autre il est regardé comme unpère , il a des enfans qui lui résistent quelquefoisavec raison et avec succès. La maxime de laFrance est de le regarder comme une personnesacrée, mais entreprenante, à laquelle il faut baiserles pieds et lier quelquefois les mains. On voitencore dans tous les pays catholiques les tracesdes pas que la cour de Rome a fait autrefois versla monarchie universelle. Tous les princes de lareligion catholique envoient au pape, à leur avè-nement , des ambassades qu’on nomme d’obs-dìsnce. Chaque couronne a dans Rome un car-dinal , qui prend le nom de protecteur. Le papedonne dés bulles de tous les évêchés, et s’ex-prime dans ses bulles comme s’il conférait ces
T. ig. Siècle. Tomel. X