AVANT LOUIS XIV, 2Z!
était à vingt-six livres le marc : ces quarante-cinqmillions revenaient à environ quatre-vingt-cinqmillions de notre temps, où la valeur arbitrairedu marc d’argent monnayé est poufíee juíqu’àquarante-neuf livres et demie ; celle de l’argentfin à cinquánte-quatre livres dix-sept sols : valeurque l’íntérét public et la justice demandent quine soit jamais changée, (a)
(l) Comme il fera souvent question clans la fuite 'Jecette opération fur les monnaies , que M. de Voltairen’en a discuté les effets dans aucun de ses ouvrages, onnous pardonnera d’entrer ici dans quelques détails.
La livre numéraire n’est qu'une dénomination arbitrairequ’on emploie pour exprimer mie certaine partie d’uumarc d’argent. Cette proposition, le marc d’argent vant50 liv. est Esquivaient de celle-ci : j’appelle livre la cin-quantième partie du marc d’argent. Ainsi un édit quiprononcerait que le marc d’argent vaudrait cent livres neferait autre choie que déclarer que dans la fuite ondonnera dans les actes le nom de livre à la centièmepartie du marc d’argent, au lieu de donner ce nom à lacinquantième. Cette opération eít donc absolument indif-férente en elle.meme ; mais elle ne Test pas dans í'es effets.
11 est d’un usage général d’exprimer en livres la valeurde tous les engageraens pécuniaires ; si donc o n changecette dénomination de livre , et qu’au lieu d’exprimer lacinquantième partie d'un marc d’argent, par exemple,elle n’en exprime que la centième, tout débiteur, enpayant le nombre de livres qu’il s’est engagé de payer,ne donnera réellement que la moitié de ce qu’il devait.
Ainsi ce changement purement grammatical devientI’équivalent du retranchement ds la moitié des dettes oudes obligations payables en argent.
D’où il résulte pour un Etat qui ferait une opérationsemblable ;
1®, Uue réduction de la dette publique à la moitié desa valeur, ce qui est faire une banqueroute à cinquantepour cent de perte.