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laisse au corps assez de calme pour dormir. Leprince gagna la bataille par lui-même, par uncoup d’œil qui voyait à la fois le danger et laressource, par son activité exempte de trouble,qui le portait à propos à tous les endroits. Ge futlui qui avec de la cavalerie attaqua cette infanterieespagnole jusque-là invincible, aussi forte, auffiserrée que la phalange ancienne fi estimée, et quis’ouvrait avec une agilité que la phalange n’avaitpas, pour laisser partir la décharge de dix-huitcanons qu’elle renfermait au milieu d’elle. Leprince l’entoura et l’attaqua trois fois. A peinévictorieux , il arrêta le carnage. Les officiersespagnols sc jetaient à ses genoux , pour trouverauprès de lui un asile contre la fureur du soldatvainqueur. Le duc d 'Enghien eut autant de soinde les épargner qu’il en avait pris pour les vaincre.
Le vieux comte de Fuentes , qui commandaitcette infanterie espagnole, mourut percé de coups.Condè , en l’apprenant dit ciìil voudrait êtremort comme lui , s'il n’avait -pas vaincu.
Le respect qu’on avait en Europe pour lesarmées espagnoles fe tourna du côté des arméesfrançaises, qui n’avaient point depuis cent ansgagné de bataille si célèbre ; car la sanglante jour-née de Marignan, disputée plutôt que gagnée parFrançois 1 contre les Suisses, avait été l’ouvragedes bandes noires allemandes , autant que destroupes françaises. Les journées de Pavie et deS* Quentin étaient encore des époques fatales àla réputation de la France. Henri IV avait euk malheur de ne remporter des avantages mémo-