DE LOUIS XIV. 2Ó1
eu à vingt ans ce génie qui peut se passer del’expérience (d).
Le duc à'Enghien avait reçu, avec ia nouvelle dek mort de Louis XIII, Tordre de ne point ha-sarder de bataille. Le maréchal de l'Hosptal ,qui lui avait été donné pour le conseiller et pour leconduire, secondait par sa circonspection cesordres timides. Le prince ne crut ni le maré-chal ni la cour ; il ne confia son dessein qu'àCajjìon , maréchal de camp, digne d 1 être consultépar lui ; ils forcèrent le maréchal à trouver labataille nécessaire.
•f On remarque que te prince ayant tout réglé lesoir, veille de la bataille , s’endormit si profondé-ment qu’il fallut le réveiller pour combattre. Onconte ia même chose d’Alexandre. ìl eít naturelqu’un jeune homme, épuisé des fatigues que deman-de Tarrangement d’uniì grand jour, tombe ensuitedans un sommeil plein ; il Test a u 111 qu’un géniefait pour ia guerre , agissant sans inquiétude,
(d) Torfletiscn était page de Gujìave-Âdotphe en 162.?.Le roi prêt d’attaquer un corps de Lithuaniens en Livonie,et n’ayanc point d'adjudant auprès de lui, envoya Tors*tenson porter ft s ordres à un officier-général pour pro-fiter d’un mouvement qu’il vit faire aux ennemis; Tors»tsnfon part et revient. Cependant les ennemis avaientchangé leur marche; le roi était désespéré ric l’ordre gu’ilavait donné: “ Sire , dit Torfîenson , daignez me par-,, donner; voyant les ennemis faire un mouvement con-,, traire, j'ai donné un ordre contraire. " Le roi ne ditmot; mais le soir ce page servant à table, il le fitsouper à côté de lui » et lui donna une enseigne auxgardes, quin/.e jours après une compagnie, ensuite unrégiment. Torftenjìm fut un des grands capitaines dsTEnrope.
f r- mai 1643*