GUERRE CIVILE. 269
que Potier eut commencé son ministère passagerpar déclarer aux Hollandais qu’il sapait quilsse fissent catholiques,s'ils voulaient demeurer dansPaPiance de la France. II aurait donc dû fairela même proposition aux Suédois. Presque tousles historiens rapportent cette absurdité , parcequ'ils l’ont lue dans leá mémoires des courtisans■et des frondeurs. 11 n’y a que trop de traits dansces mémoires, ou falsifiés par la passion, ourapportés fur des bruits populaires. Le puéril nedoit pas être cité, et l’absurde ne peut être cru.II est très-vraifemblable que le cardinal Mazarinétait ministre désigné depuis long-temps dansl’efprit de la reine, et nxême du vivant deLouis XIII. On ne peut en douter quand 011a lu les mémoires de La Porte, premier valet dechambre $ Anne d’Autriche. Les subalternes,témoins de tout l’intérieur d’une cour, saventdes choses que lesparlemens et les chefs départimême ignorent, ou ne font que soupçonner. (4)Mazarin ula d’abord avec modération de sapuissance. H faudrait avoir vécu long-temps avecun ministre, pour peindre son caractère, pourdire quel degré de courage ou de faiblesse il avaitdans l’efprit, à quel point il était ou prudent oufourbe. Ainsi fans vouloir deviner ce qu’étmtMazarin , on dira feulement ce qu’il fit. Itaffecta, dans les eommencemens de fa grandeur,autant de simplicité que Richelieu avait déployé
(4! Les mémoires manuscrits du duc de ta Rochefoucauldcor.f'imen : le même fait. II était un des confident de lsreine tians les derniers temps de la vie de Louis XIìl.