GUERRE CIVILE.' 273
II demanda hautement qu’on révoquât tous lesintendans, regardés par le peuple comme des’exa.cteurs, et-qu’on abolit cette magistrature denouvelle espèce, instituée sous Louis XI11 fansPappareil des formes ordinaires ; c’était plaire àla nation autant qu’irriter la cour. II voulait que,selon les anciennes lcis, aucun citoyen ne fûtmis en prison, sans que ses juges naturels enconnussent dans les vingt-quatre heures , et rienne paraissait si juste.
f Le parlement fit plus, il abolit les Intendanspar un arrêt, avec ordre aux procureurs du roide son ressort d’informer contr’eux.
Ainsi la haine contre le ministre, appuyée del’amour du bien public , menaçait la cour d’unerévolution. La reine céda ; elle offrit de casserles intendans, et demanda seulement qu’on luien laissât trois : elle fut refusée.
-J-f Pendant que ces troubles commençaient,le prince de Condé remporta la célèbre victoirede Lens, qui mettait le comble à fa gloire. Leroi, qui n’avait alors que dix ans , s’écria : Leparlement fera bien fâché. Ces paroles sciaientvoir assez que la cour ne regardait alors le par-lement de Paris que comme une assemblée derebelles.
Le cardinal et ses courtisans ne lui donnaientpas un autre nom. .Plus les parlementaires seplaignaient d’étre traités de rebelles, plus ilsrelaient de résistance.
t 14 mai L64S.
tt SO août 154 S.