ETAT DE LA FRANCE
espagnole. Cette cour encore fière murmura long-temps de son humiliation. Depuis plusieurs mi-niftres espagnols ont renouvelé leurs anciennes■prétentions : ils ont obtenu l’égalité à Nimègue ;mais Louis KIV acquit alors par fa fermeté unesupériorité réelle dans l'Europe, en fesant voir-combien il. était à craindre.
A peine sorti de cette petite affaire avec tant-de grandeur, il en marqua encore davantage dans,une occasion où fa gloire sembìaitmoins intéressée.Les jeimes Français, dans les guerres faites de-41 puis long-temps en Italie contre FEfpagne ,avaient donné aux Italiens circonspects et jalouxl’i-iée dune nation impétueuse. L’Italie regardaitstoutes les nations, dont. elle était inondée, com-me des barbares, eties Français comme des bar-* bares plus gais que les autres, mais plus dange-reux , qui portaient dans toutes les maisons lesplaisirs avec le mépris, ct la débauche avec l'in-sulte. Us étaient craints par-tout, et íur-tout àRome.
Le duc de Crèqui , ambassadeur auprès du pape,avait révolté les Romains par fa hauteur: sesdomestiques, gens qui poussent toujours à, 1 J ex-trême les défauts de leur maître , commettaientdans Rome les mêmes désordres que la jeunesseindifciplinable de Paris, qlii se se sait alors unhonneur d'attaquer toutes les nuits le guet quiveille à la garde de la ville.
+ Quelques laquais du duc de Crèqui s’avi-sérent de charger l’épée à la main une escouadet ïo août 1662.