I§4 LEO-POLD DE LORRAINE.
Gallìèì es, qui avaient si gné cette paix, n’osaíeritfe montrer, ni à la cour , ni à la ville ; on les ac-cablait de reproches et de ridicules, comme s’ilsavaient fait un seul pas qui n’cût été ordonné parle ministère-. La cour de Louis XI V leur repro-chait d’avoir trahi l’honneur de la France , etdepuis on les loua d’avoir préparé par ce traité lasuccession à la monarchie espagnole mais ils ne.méritèrent ni les critiques ni les louanges.
Ce fut enfin par cette paix que la France renditla Lorraine à la maison quiJa possédait depuis septcents années. Le duc Charles F, appui del'Empireet vainqueur des Turcs, était mort. Son fils J^éo-pold prit, à la paix de Rysvick , possession de sasouveraineté ; dépouillé à la vérité de ses droitsréels ; car il n’était pas permis au duc d’avoir desremparts à fa capitale : mais on ne put lui ôter undroit plus beau ; celui de faire 'du bien à ses sujets;droit dont jamais aucun prince n’a si bien usé quelui.
II est à souhaiter que la dernière postérité ap-prenne qu’un des moins grands souverains del’Europe a été celui qui a fait le plus de bien à sonpeuple. II trouva la LorraineJésolée et déserte :illarepeupla, ilsenrichit. Il l’a conservée toujoursen paix, pendant que le reste de l’Europe a étéravagé par la guerre. II a eu la prudence d'ètretoujours bien avec la France, et d etre aimé dansl’Empìre ; tenant heureusement ce juste milieu ,qu’un prince sans pouvoir n’a presque jamais pugarder encre deux grandes puissances. II a procuréa íes peuples l’abondance qu’îls ne connaissaient