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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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ï O B Q, D E T. 17

Vallìère , pour qui le prince commençait à sen-tir une vraie passion, avait été un des objetsdes goûts passagers du surintendant, qui ne mé-nageait rien pour les satisfaire. 11 avait offert àmademoiselle la Vallìère deux cents millelivreset cette offre avait été reçue avec indi-gnation, avant quelle eût aucun dessein fur lecœur du roi. Le surintendant, sétant aperçu de-puis quel puissant rival il avait, voulut être leconfident de celle dont il navaitpu être le pos-sesseur ; et cela même irritait encore.

Le roi, qui dans un premier mouvement din-dignation , avait été tenté de faire arrêter le sur-intendant au milieu même de la fête quil en re-cevait, usa ensuite dune dissimulation peu néces-saire. On eût dit que ce monarque déjà toiu-puif-sant eût craint le parti que Fouqitet sétait fait.

11 était procureur-général du parlement-, etcette charge lui donnait le privilège détre jugépar les chambres assemblées : mais après que tantde princes, de maréchaux et de ducs avaient étéjugés par-des commissaires, on eût pu traiter com-me eux un magistrat, puisquon voulait se servirde ces voies extraordinaires, qui fans être injus-tes laissent toujours un soupçon dinjustice.

Colbert lengagea, par un artifice peu honora-ble, à vendre fa charge. On lui en offrit jusqu 5 àdix-huit cents mille livres , qui vaudraient troismillions et demi de nos jours, et par un mal-en-tendu il ne la vendit que quatorze cents millefrancs. Le prix excessif des places au parlement,si diminué depuis, prouve quel reste de considé-

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