COLBERT. ÎOU OU’ E T. T9
(\ucFouq7{ct fesait de grandes fortifications à B elie-Isle , et qu’il pouvait avoir trop de liaisons au-de-hors et au-dedans du royaume. Il parut bien ,quand il fut arrêté et conduit à la bastille et à Vin-cennes, que son parti n’était autre chose que l’avi-dité de quelques courtisans et de quelques fem-mes , qui recevaient de lui des pensions , et quil’oublièrent dès qu’il ne fut plus en état d’en don-ner. 11 lui resta d’autres amis, et cela prouvequ’il en méritait. L’illustre madame de SévignéyPcHjj'on , Gottrville , mademoiselle Scudéri , plu-sieurs gens de lettres se déclarèrent hautementpour lui, et le servirent avec tant de chaleur qu’ilslui sauvèrent la vie.
On connaît ces vers àsHénault, le traducteur deLucrèce , contre Colbert le persécuteur de FouquetvMinistre avare et lâche, esclave malheureux,
Oui gémis fous le poids des affaires publiques,Victime dévouée aux chagrins politiques,
Fantôme révéré fous un. titre onéreux j
Vois combien des grandeurs le comble est dangereux j;
Contemple de Fouquetles funestes reliques ;
F.t tandis qu’à fa perte en secret tu t’appliques,
Crains qu’on ne te prépare un destin plus affreux :
Sa chute quelque jour te peut être commune.Crains ton poste, ton rang, la cour et la fortune;Nul ne tombe innocent d'où l’on te voit monté;.Cesse donc d’animer ton prince à son supplice,
Et près d’avoir besoin de toute fa bonté,
Ne le Fais pas user de toute fa justice.
M. Colbert , à qui l’on parla de ce sonnet inju-rieux , demanda fi le roi y était offensé ? On lui 1dit que non : “Je ne le suis donc pas, réponditle ministre. ”
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