ÏETE DE VERSAILLES. 2?
d’Angîeterre , veuve de Charles I, oubliant alorsses malheurs , étaient fous un dais à ce spec-tacle. Le comte de Saulx , fils du duc de Les-digitières, remporta le prix, et le reçut desmains de la reine-mère. Ces fêtes ranimèrentplus que jamais le goût des devises et des emblè-mes , que les tournois avaient mis autrefois àla mode , et qui avaient subsisté après eux.
f Un antiquaire , nommé d’ Ouvrier , imaginadès-lors pour Louis XIV l’emblème d’un soleildardant ses rayons fur un globe, avec ces mots :necphirìhus impar. L’idée était un peu imitéed’une devise espagnole faite pour Philippe II, etplus convenable à ce roi qui possédait la plusbelle partie du nouveau monde et tant d'Etats dansl'ancien , qu’à un jeune roi de France qui ne don-nait encore que des espérances. Cette devise eutun succès prodigieux. Les armoiries du roi, lesmeubles de la couronne, les tapisseries, les sculp-tures en furent ornées. Le roi ne la porta jamaisdans ses carrousels. On a reproché injustementà Louis XIV le faste de cette devise, comme s’illavait choisie lui-même ; et elle a été peut-êtreplus justement critiquée pour le fond. Le corps nereprésente pas ce que la légende signifie, et cettelégende n’a pas un sens assez clair et assez déter-miné. Ce qu’on peut expliquer de plusieursmanières ne mérite d’être expliqué d’aucune. Lesdevises, ce reste de l’ancienne chevalerie, peu-vent convenir à des fêtes, et ont de l’agrémentquand les allusions font justes , nouvelles et
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