LIBERALITES.
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II y en eut douze pour les officiers commensaux ,servies avec autant de propreté et de profusion quecelles de beaucoup de souverains : il voulait queles étrangers y fussent tous invités : cette attentiondura pendant tout son règne. 11 en eut une autreplus recherchée et plus polie encore. Lorsqu’ileutfait bâtir les pavillons de Marli en 1679, toutesles dames trouvaient dans leur appartement unetoilette complète ; rien de ce qui appartient àun luxe commode n’était oublié : quiconque étaitdu voyage pouvait donner des repas dans son ap-partement : on y était servi avec la même déli-catesse que le maître. Ces petites choses n’acquiè-rentdu prix que quand elles sont soutenues parles grandes. Dans tout ce qu’il fêlait, on voyaitde îa splendeur et de la générosité. 11 fesait pré-sent de deux cents mille francs aux filles de sesministres à leur mariage. ( 11 )
Ce qui lui donna dans l’Europe le plus d’é-clat, ce fut une libéralité qui n’avait point d’exem-ple. L’idée lui en vint d’un discours du ducde Saint-Aignan , qui lui conta que le cardinal déRichelieu avait envoyé des présens à quelquessavans étrangers, qui avaient fait son éloge. Le
(11) Ces profusions faites avec l’argent du peuple étaientune véritable injustice , et certes un beaucoup plus grandpéché, excepté aux yeux des jésuites, que ceux qu’i! pou-vait commettre avec ses maitreffes. Cette foule de chargesinutiles, d’abus de to-ut genre, a Fait un mal plus durable.Une grande partie de ceí abus a fu b listé long-temps etsubsiste même encore, quoiqu’aucun des princes qui luiont succédé n’ait bétité de l'on goût pour le faste.