46 MADEMOISELLE.
innocente, qu’il eût mieux fait d’ignorer.. Retirersa faveur était très-j ufte ; la prison était trop dure.
Ceux qui ont douté de ce mariage secret n’ontqu'à lire attentivement les mémoires de Made-moiselle. Ces mémoires apprennent ce qu’elle nedit pas. On voit que cette même princesse , quis’était plainte fi amèrement au roi de la rupturede son mariage, n’osa se plaindre de la prison deson mari. Elle avoue qu’on la croyait mariée ; ellene dit point q réelle ne Tétait pas : et quand il n’yaurait que ces paroles: Je Me fuis ni ne doischanger four lui , elles feraient décisives.
Lauzun et Fouquet furent étonnés de se ren-contrer dans la même prison ; mais Fouquet sur-tout , qui dans fa gloire et dans. fa puissance avaitvu de loin Péguiliu dans la foule comme ungentilhomme de province fans fortune, le crutfou , quand celui-ci lui conta qu’il avait été lefavori du roi, et qu’ii avait eu la permission d’é-pouscr la petite-fiile de Henri IV avec tous lesbiens et les titres de la maison de Monts enfler..
Après avoir langui dix ans en prison, il ensortit enfin; mais ce ne fut qu:'après que M me deMoutesfan eut engagé Mademoiselle à donner lasouveraineté de Bombes et le comté d’Eu au duccu Maine encore enfant, qui les posséda après lamort de cette princesse. Elle ne fit cette donationque dans Pespérance que M. de Lauzun seraitreconnu pour son époux; elle se trompa: le roilui permit seulement de donner à ce mari secretet infortuné les terres de S* Fargeau et'de Thiers,avec d’autres revenus considérables que Lauzun