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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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48 MORT DE MADEMOISELLE.

oublié, comme il arrive à tous ceux qui nonteu que de grands événemens fans avoir fait degrandes choses.

Cependant M me de Montcspan était toute-puiffante dès le commencement des intriguesdont on vient de parler.

Atbenais de Mortemar, femme du marquis deMontespan , fa sœur aînée la marquise de Thian-ge, et sa cadette pour qui elle obtint labbaye deFontevraud, étaient les plus belles femmes deleur temps ; et toutes trois joignaient à cet avan-tage des agrémens .singuliers dans lefprit. Leduc de Vivonne leur frère, maréchal de France,était aussi un des hommes de la cour qui avaientle plus de goût et de lecture. Cétait lui à qui leroi disait un jour : Mais à quoi sert de lirel Leduc de Vivonne , qui avait de l'embonpoint etde belles couleurs , répondit : La lecture fait à lefprit ce que vos perdrix font à mesjou es.

Ces quatre personnes plaisaient universelle-ment par un tour singulier de conversation mêléde plaisanterie, de naïveté et de finesse , quonappelait lesprit des Mortemars. Elles écrivaienttoutes avec une légèreté et une grâce particuliè-re. On voit par- combien est ridicule ce contequejai entendu encore renouveler, que M rae deMontespan était obligée de faire écrire ses lettresau roi par M me Scarron et que ceít- ce quien sic fa rivale , et fa rivale heureuse.

M me Scarron , depuis M me de Maintenon ,avait à la vérité plus de lumières acquises par lalecture ; fa conversation était plus douce, plus

insinuante