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les villes conquises. Les principales dames deBruxelles, de Gand, venaient voir cette magni-ficence. Le roi les invitait à fa table ; il leurfiefait des présens pleins de galanterie. Tous lesofficiers des troupes en garnison recevaient desgratifications. Il en coûta plusieurs fois quinzecents louis d’or par jour en libéralités.
Tous les honneurs, tous les hommages étaientpour M rae de Montespan , excepté ce que le de-voir donnait à la reine. Cependant cette damen’était pas du secret. Le roi savait distinguer lesaffaires d’Etat des plaisirs.
Madame , chargée feule de l’union des deuxrois et de la destruction de la Hollande, s’embar-qua à Dunkerque fur la flotte du roi d’Àngleterrje■ Charles II son frère, avec une partie de la courde T rance. Elle menait avec elle M ,le de Kèrouai ,depuis duchesse de Portfmouth , dont la beautéégalait celle de de Montespan. Elle fut de-puis en Angleterre ce que M' ne de Montespanétait en France, mais avec plus de crédit. Leroi Charles fut gouverné par ellejufqu’au derniermoment de fa vie; et quoique souvent infidclle,il fut toujours maîtrisé. Jamais femme rfa con-servé plus long-temps fa beauté ; nous lui avonsvu àl’âge de près de soixante et dix ans unefigure encore noble et agréable , que les annéesn’avaient point flétrie.
Madame alla voir son frère à Çantorbéri, etrevint avec la gloire du succès. Elle en jouissait,lorfqu’une mort subite et douloureuse l’enleva àliage de y.ingt-íìx ans, le 3 o juin 1670. La cour