M ME jì £■ M A I N T E N 0 N. 71
La destinée de cette dame paraît parmi noussert étrange, quoique l’histoire fournisse beaucoupd’exemples de fortunes plus grandes et plus mar-quées ,. qui ont eu des commencemens plus petits.La marquise de Saint-Sébastien , que le roi deSardaigne Victor-Amédée épousa , n’étaic pas au-dessus de madame de ]\laintenon : f impératricede Russie Catherine était fort au-dessous ; et la pre-mière femme de Jacques II roi d’dngleterre lui ,était bien inférieure., selon les préjugés de l’Eu-rope, inconnus dans le reste du mande.
. Elle était d’uneancienne maison, petite-fille deThéodore-Agrippa d’Atibiguè , gentilhomme or-dinaire de la chambre de Henri IV. Son père,Constant d’Aubigné i, ayant voulu faire un éta-blissement à la Caroline, et s'étant adressé aux-Anglais , fut mis en prison au château Trompette,.et en fut délivré par la fille du gouverneur nomméCardiïïac, gentilhomme bordelois. Constant d’Au-bigr.è épousa fa bienfaictrìce en 1627, et laména à la Caroline. De retour en France avec elle :au l otit de quelques années, tous deux furent en-fermés à Niort en Poitou par ordre de la cour. Cefut dans cette prison de.Niort que naquit, en 16 jç,Françoise d'Aztbigné, destinée à éprouver toutesles rigueurs et toutes les faveurs de la fortune.Menée à l’âge de trois ans en Amérique, laisséepar la négligence d’un domestique fur le rivage ,prête à y être dévorée tPun serpent, ramenée or-pheline à l’âge de douze ans, élevée avec la plusgrande dureté chez madame de Feuillant , mèredeladuchesse .de Navail’es la parente , elle fut