88 MORTALITÉ EN FRANCE.
Ces mêmes soupçons, qu'on avait eus à lamort de Madame et à celle de Marie - Loitisereine d’Espagne , se réveillèrent avec une fureursingulière. L’excès de la douleur publique auraitpresque excusé la calomnie, si elle avait étéexcusable. II y avait du délire à penser qu’on eûtpu faire périr par un crime tant de personnesroyales, en laissant, vivre le seul qui pouvait lesvenger. La maladie qui emporta le dauphin ducde Bourgogne, fa femme et son fils, était unerougeole pourprée épidémíque. Ce mal fit périrà Paris en moins d’un mois plus de cinq centspersonnes. M. le duc de Bourbon , petit-fils duprince de Condè , le duc de la Trimnuille , M nie dela Vrillière , M me de Lijìenai , en furent attaquesà la com. Le marquis de Gondring , fils du ducà’Antin , en mourut en deux jours. Sa femme,depuis comtesse de Toulouse , fut à l’agonie.Cette maladie parcourut toute la France. Elie fitpérir en Lorraine les aînés de Ce duc de LorraineFrançois , destiné à être un jour empereur et àrelever la Maison d’Autriche.
Cependant ce fut assez qu’nn médecin nomméBoudin , homme de plaisir, hardi et ignorant,eut proféré ces paroles : “ Nous n’entendons,, rien à dépareilles maladies : ” c’en fut assez,dis-je, pour que la calomnie n’eût point de frein.
Philippe duc d’Orléans neveu de Louis XIVavait un laboratoire, et étudiait la chimie, ainsique beaucoup d’autres arts : c’était une preuvefans répliqué. Le cri public était affreux ; il fauten avoir été témoin pour le croire. Plusieurs